Après une phase d’apprentissage d’une dizaine d’années seulement, les constructeurs chinois commencent à rouler sans conduite accompagnée. Inconnus il y a cinq ans, leur réputation dépasse aujourd’hui les frontières chinoises. Si les Great Wall, FAW, Dongfeng et autres Chery ne sont pas encore des marques reconnues de ce côté du monde, Geely ou BYD ont commencé à se faire un nom. Le premier en rachetant Volvo pour 1,6 million d’euros. Le second en accueillant le milliardaire américain Warren Buffet dans son capital.
Pour les autres, il ne faudra pas attendre trop longtemps pour entendre parler d’eux. Les constructeurs chinois ont en effet la volonté de s’imposer parmi les premiers mondiaux dans tous les segments du marché. Cette prise de pouvoir est d’autant plus probable qu’ils ne se contentent plus seulement de construire des minivans comme par le passé. Désormais, ils entendent se forger des gammes complètes de véhicules. Chery, par exemple, est devenu très populaire grâce à sa petite voiture QQ –inspiré du design de la Chevrolet Matiz-, mais dispose désormais d’une gamme de 12 véhicules, du minibus à la berline. Geely, qui avait présenté un modèle proche de la Rolls-Royce l’an dernier sur le salon, a cette fois-ci proposé 55 modèles. Quand à BYD, le dernier-né des constructeurs chinois, il propose des berlines hybrides, en attendant de sortir des versions tout électriques.
Ce feu d’artifice d’innovations n’est pas le fruit du hasard. Il est largement aiguillonné par le gouvernement chinois. Ce dernier a engagé depuis plusieurs années une opération de consolidation d’un secteur encore très fragmenté. Sur la centaine de constructeurs existants, Pékin ne veut retenir que dix champions nationaux maximum. Dans le même temps, le gouvernement central octroie de généreuses lignes de crédits pour faciliter les acquisitions onéreuses de certains constructeurs étrangers ou de leurs brevets, comme ce fut le cas avec le rachat des licences de Rover par SAIC en 2005 ou de Saab par Beijing Automotive Industry Corporation (Baic) en décembre dernier.
